mercredi 31 décembre 2008

Such a shame


Après mûre réflexion, tout le monde semble s'être mis d'accord pour ne pas être d'accord sur un top ten des meilleurs albums sortis en 2008. Quel intérêt donc de citer une nouvelle fois Shearwater, Mount Eerie ou Deerhunter... ricaner sur MGMT, Foals, ... D'autres ont fait ça plutôt bien. Je m'en remet à eux et laisse de côté mes vieilles manies Rob Gordonienne. Cette fin d'année, je me suis plutôt replongé dans mes vynils. Je pourrais vous mentir et vous dire que je n'ai fait que ressortir des perles de la poussière (Donny Hathaway, Sam Cooke, Candie Staton, ...) mais ce n'est pas tout à fait exact. Non, en réalité, je me suis contenté de réécouter les disques de mon enfance que j'aime encore à faire tourner de temps en temps. Autant dire des choses difficilement avouables. Pas de trucs kitch et branché. Pas de second degré. Accrochez-vous, c'est du lourd!

° Michel Jonasz: Tristesse (1983)
Un truc de fou. J'ai mis 10 ans à retrouver la vieille cassette que j'écoutais dans mon walkman jaune et dès la première chanson, une envie de pleurer tellement c'est beau.

° Bronsky Beat - The Age of Consent (1984)
Au départ, bien sûr, il y a les tubes (Smalltown Boy, Why) et puis cette reprise de "Ain't necesseraly so" plus datée que ça tu meurs et "Love & Money". Des morceaux qui sonnent finalement pas plus dégueulasse que les vieux Pet Shop Boys mais la hype à visiblement choisi son camp.

° Julien Clerc - N°7 (1975)
A cause de "Souffrir par toi n'est pas souffrir", je crois.

° George Michael - Older (1996)
J'ai cru que j'allais m'étouffer quand mon père est revenu avec ce disque sous le bras. Quelques semaines ont passé, des engueulades dans la voiture (MOI: "Et pourquoi je peux mettre mon CD de Siouxsie? LUI: Parce que c'est moi qui décide. Et pis d'ailleurs, j'ai envie d'écouter le nouveau George Michael! MOI: "Au secouououours!"). Et puis je me vois dans ma chambre, écouter Older, mort de honte.

° Simple Minds - New Gold Dreams (1982)
Allez expliquer à quelqu'un que cet album est formidable... Je vous conseille de courir vite!

° Veronique Sanson - Amoureuse (1972)
Bon, là j'avoue que je n'ai pas d'explication...

J'aime ces disques comme au premier jour. Je ne pense pas être le seul dans le cas. Allez-y balancez vos tares musicales ou taisez-vous à jamais...

lundi 22 décembre 2008


Pendant que je réfléchis tranquillement à mon top albums pour 2008, je vous laisse en compagnie de cette version alternative et géniale du non moins génial "No Aloha" des Breeders.


Discover The Breeders!

vendredi 19 décembre 2008

15 songs for 2008


Parce faire comme tout le monde est parfois bien agréable, je me suis décidé à poster, moi aussi, un petit top de fin d'année. Au départ, j'étais parti pour un top ten mais je me suis rapidement aperçu que c'était trop compliqué. Voici donc les 20 morceaux qui m'ont le plus plus, déroutés, harcelés, hantés dans les nombreuses sorties 2008. Ça ne vaut pas grand chose mais bon...



vendredi 12 décembre 2008

Press it for Glory!


Pas beaucoup de temps, en ce moment, pour parler musique... Même si de jolies choses passent sur la platine. Plus simple de faire une courte compilation de certains morceaux qui me suivront probablement tout l'hiver.

dimanche 30 novembre 2008

Bestseller!






Oui, c'est un titre un peu pompeux pour présenter notre nouvel album mais on ne sait jamais, sur un malentendu gouguelien, il se pourrait que certains d'entre vous arrivent sur cette page via ce mot-clé et se prennent d'une soudaine envie d'acheter le nouveau Dérapage Comix. En librairie dès maintenant. En garde, librairie, MAINTENANT!

Puisqu'on est aussi là pour la musique, un petit extra très classieux du nouveau et très réussi Stereolab:


Discover Stereolab!

jeudi 20 novembre 2008

Encore du rock belge



Il y a une chose qu'on aime beaucoup faire en Belgique (ce plat pays qui est le mien), c'est dénigrer totalement le rock belge. S'il est de bon ton de se mettre à genoux devant dEUS (et encore, uniquement les deux premiers), Kiss My Jazz, Zita Swoon (seulement les deux premiers), il est également de bon ton de rire aux éclats lorsque des noms tels que Mud Flow, Flexa Lyndo, Hollywood Pornstars, que sais-je... sont évoqués. Sans rentrer dans le débat de savoir si c'est justifié ou pas, j'avoue que pour ma part, il m'arrive rarement de m'emballer réellement pour l'un de ces groupes et que le côté consanguin de la scène belge à souvent tendance à me détourner de certains avant même de les avoir écoutés (n'y aurait-il que deux batteurs, trois bassistes et cinq guitaristes en Belgique?). C'est donc avec une vraie curiosité et non sans surprise que j'ai découvert "Skyline Society", le premier album de Major Deluxe. Quelque part (sans savoir très bien où) entre Lambchop, Stereolab, Burt Bacharach et Belle & Sebastian, Major Deluxe tourne séverement le dos à l'idée d'un rock belge façon petit frère de dEUS. Hyper ambitieuse, la musique millimétrée de Major Deluxe possède une bonne dose de classe, ce qui n'est déjà pas si mal. Parfois un rien chiant, "Skyline Society" mérite vraiment une écoute attentive, même de la part des grincheux dans mon genre.



Discover Major Deluxe!



Discover Major Deluxe!

vendredi 14 novembre 2008

Retour vers le futur


Parfois, pour faire le frimeur en société, je balance comme ça "The Big Ship" de Brian Eno et j'annonce clair et fort que c'est le meilleur morceau des Boards of Canada. C'est aller peut-être un peu vite en besogne mais il suffit que je donne la date de sortie, 1975, pour que l'auditoire attentif se mue en bouches bées. Parce que, qu'on le veuille ou non, c'est un peu effrayant de constater qu'une bonne partie de l'electronica actuelle se trouve déjà bien en place dans un morceau qui a plus de trente ans. Dans le même temps, et paradoxalement, vous me l'accorderez, lorsqu'on écoute "Focus on the Rollercoaster" de Mice Parade, on ne peut s'empêcher d'y entendre très clairement, jusque dans la voix, le Brian Eno des années '70. Parfois, la musique, c'est un peu le bordel, non?


Discover undefined!

vendredi 7 novembre 2008

Ô châteaux...


Ce n'est que très récemment que j'ai découvert Deerhunter, groupe encensé par la critique depuis leur arrivée l'année passée avec Cryptograms. J'avais bien tenté le coup, avec ce premier album, mais j'avais trouvé ça plutôt brouillon/bruyant et j'avais rapidement passé mon chemin. Intrigué par le 9.2 attribué par Pitchfork au tout neuf Micro-Castle, je me suis décidé à reprendre ma copie. Au même moment, dans une émission du Morceau Caché, Mickaël Mottet et Flavien Girard passaient un morceau de Quickspace, décrivant ce groupe comme la synthèse parfaite du rock des années '90. Étrangement, c'est exactement le sentiment qui me venait en écoutant Micro-Castle. De Mazzy Star à Slowdive en passant par Pavement et Stereolab, Deerhunter semblait avoir tout absorbé, digéré et recraché dans leur dernier album. Tout juste sorti pour rentrer dans classement de fin d'année, je lui donne déjà une bonne place parmi les meilleurs disques sortis en 2008.



mardi 28 octobre 2008



Depuis presque deux ans, je me fais une petite compilation mensuelle des morceaux qui tournent le plus souvent sur ma platine/Itunes/IPod. Grâce au Deezer magique, je me suis dit que je pourrais vous en faire profiter. Alors, voilà...


samedi 25 octobre 2008


Parmi la liste des génies auxquels ils faudra bien rendre un jour des comptes, Phil Elvrum figure en bonne place. Tout d'abord pour avoir offert "The Glow Pt. 2" sous le nom de The Microphones, un disque ambitieux, plein comme un oeuf qui malgré des dizaines d'écoutes répétées reste aussi mystérieux et fascinant à mes yeux que le jour où je l'ai découvert.
Je demande aussi justice pour Elvrum parce qu'à l'écoute de "Lost Wisdom", enregistré cette fois sous le nom de Mount Eerie, (en compagnie de Julie Doiron et Fred Squire) je suis à nouveau frappé par la qualité incroyable de ses chansons. Chaque morceaux de ce court album (24 minutes à peine) est un véritable bijou mélodique. Je ne peux que vous supplier de vous jeter sur "Lost Wisdom" parce qu'il se pourrait que ce disque soit la plus belle chose que vous ayez écouté depuis bien longtemps. Pour tenter de vous convaincre, deux morceaux extraits de l'album, dont "Voice in headphones" qui empreinte son refrain à Björk.


dimanche 19 octobre 2008

Enfants Illégitimes #1



Hamilton Leithauser, fils illégitime de Bob Dylan et de Rod Stewart. Je sais, c'est stupide mais j'y pense chaque fois que j'écoute ce morceau, que j'aime énormément au demeurant:


Discover The Walkmen!

samedi 18 octobre 2008

The Late Cord


Je dois avouer que je n'ai pas été totalement emballé par le concert de Micah P. Hinson... Quelques moments splendides bien sûr mais la formule guitare/batterie/clavier avait tendance à appauvrir ses chansons plutôt que d'en faire ressortir le meilleur. Reste que j'y ai vu un personnage attachant, assez loin de l'image de repenti torturé que laissait sous-entendre ses deux premiers albums. Sur le dernier en date (And the Red Empire Orchestra), on sent, par contre l'envie de se rapprocher de la musique traditionnelle et d'éviter le cliché "musique plombée". La musique de Micah P. Hinson est plus lumineuse, plus ludique parfois, plus rock souvent. Ce n'est pas que je tienne particulièrement à écouter les lamentations d'un type au bord du gouffre mais ce petit côté guilleret me plaît un peu moins.
Sur ce, je tombe un peu par hasard sur The Late Cord. Formé de Micah et de son copain John Mark Lapham (des Earlies), ce duo a sorti un mini album en 2006 intitulé Light From The Weelhouse (sur 4AD). Mélange d'electro et de folk, The Late Cord permet à Hinson de chanter autrement tout en restant reconnaissable. Les morceaux sont étirés, sans vraiment de moment fort mais l'atmosphère qui s'en dégage est assez beau. Difficile de se faire un avis définitif pour l'instant mais je vous laisse juge de ces deux chansons qui personnellement, me plaisent beaucoup.



Discover The Late Cord!



Discover The Late Cord!

mercredi 8 octobre 2008

Verdict Panoramique...


Alors bien sûr, il y a le nouveau TV On The Radio... Blabla plus pop que les deux précédents... blablabla... David Sitek super producteur.... blablabla... Il y a des centaines de choses à dire sur Dear Science, mais il se trouve qu'en gros, à l'heure où je vous parle, tout a déjà été dit. Si ce n'est peut-être que c'est la première fois que je trouve certains morceaux des new-yorkais mauvais. Il y a bien entendu des pépites (Stork & Owl, Red Dress, Love Dog ou encore DLZ) mais des daubes comme Golden Age (du sous sous Beck, c'est vous dire...) ou Shot Me Out (un reggae dégueulasse!), ça m'a un peu surpris! Ce n'est pas que je veuille cracher dans la soupe mais il me semble que dans le bruit et la fureur des deux premiers albums, les chansons plus faibles passaient mieux. Reste que pour les quelques morceaux cités plus haut, Dear Science, reste un disque à écouter d'urgence.

Discover TV on the Radio!


Discover TV on the Radio!

Au rayon "On est géniaux et on le reste" par contre, je recommande chaudement In Ear Park de Department of Eagles! Emmené par Daniel Rossen, l'une des deux têtes pensantes de Grizzly Bear (Vous n'aviez pas oublié le sublimissime Yellow House, n'est-ce pas?), Department of Eagles ne quitte pas vraiment le sentier de ses acolytes mais y rajoute un petit je-ne-sais-quoi qui rend son side-project presque plus intéressant encore que les Grizzly. Tout comme "Yellow House" m'avait laissé béat d'admiration et complètement sans voix, je suis incapable de vous parler correctement de In Ear Park.

Dans un tout autre registre, j'aime aussi beaucoup le dernier Liam Finn, I'll Be Lighting. Sans être un chef d'oeuvre d'originalité, le mélange de pop '70 à la Harry Nilsson et de songwriting à la Elliott Smith fonctionne vachement bien. Un bien chouette album!


Discover Liam Finn!

vendredi 26 septembre 2008

Dernière minute!


Angil & the Hiddentracks sont en concert gratuit ce soir à Recyclart avec Françoiz Breut et Hlaf Asleep en guests.
Venez!

jeudi 18 septembre 2008

Tunng


La première fois que j'ai entendu Tunng à la radio, j'ai éprouvé une grande satisfaction. C'est pas si souvent que je suis content d'entendre un morceau à la radio... Qu'un groupe comme celui-là (exigeant, un peu barge, pas toujours immédiat mais souvent intéressant) sorte un peu de l'ombre provoquait chez moi une sorte de satisfaction stupide, comme si j'avais gagné quelque chose... Par la suite, bien entendu, mon snobisme dégueulasse et ma mauvaise foi crasse ont repris le dessus: Ce morceau, "Bullets", qui tournait en boucle sur les ondes se mit à avoir un goût de pourri. Tout d'abord, ça devenait soûlant de l'entendre trois fois par jour. Ensuite, je me mettais à regretter le Tunng des débuts, plus aventureux, moins "pop", celui de Comments of the Inner Chorus. Quel que soit votre avis sur "Bullets" ou Good Arrows (leur dernier album), prenez la peine d'écouter Comments... , il se peut que vous changiez d'avis.


Discover Tunng!

dimanche 14 septembre 2008

Suite au prochain épisode.


Je voulais vous parler de l'album Rook de Shearwater, vous dire à quel point je trouve splendide ce mélange entre la nostalgie des Smiths et l'emphase de Mark Hollis...


Discover Shearwater!


D'un morceau magnifique de James Yorkston (sosie de Moffat sur le très beau "Woozy with Cider" en écoute sur son Myspace)...

De l'album Picaresque des Decemberists, qui est un petit bijou...



De la voix de Pascal Bouaziz et cette chanson de Mendelson que j'écoute chaque matin sur le chemin du boulot...


Discover Mendelson!


Mais j'ai eu la flemme.

lundi 1 septembre 2008

Not Be Televised!


Alors que Raashan Ahmad sort un album qui s'annonce passionnant (voir le blog Á Propos de Rien), je trouve un air de ressemblance plutôt frappant entre "If I", justement issu du nouveau Ahmad et "The Revolution Will Not Be Televised" de l'immense Gil Scott-Heron. Si vous ne connaissez pas ce dernier, je vous conseille de vous jeter là-dessus comme si votre vie en dépendait parce que ça pourrait bien changer tout ce que vous pensez du Hip Hop, du Funk, de la Soul, du Slam, de la poésie et de bien d'autres choses encore.



Discover Gil Scott-Heron!


If I - Raashan Ahmad

mardi 26 août 2008

lundi 18 août 2008

Diabologum - #3


Alors que j'attends avec impatience un nouvel album de Dominique A.

Alors que j'ai cessé d'écouter Murat depuis le gargantuesque et magnifique "Muragostang".

Alors que Bashung devient chaque jour un peu plus un mythe intouchable.

Alors que je découvre passionnément Programme et Arnaud Michniak.

Alors que je ne suis qu'à moitié convaincu par Expérience.

C'est là que je tombe sur le troisième album de Diabologum: #3 (Ce n'est pas perdu pour tout le monde...), album charnière tant pour le rock français que pour le groupe lui-même. Douze ans se sont écoulées depuis la sortie de ce disque qui en inspira plus d'un. Souvent décrit comme un OVNI, #3 n'est pas un album facile. Plus complexe que le rock carré de Michel Cloup avec Expérience, moins âpre que les méandres expérimentaux d'Arnaud Michniak avec Programme, ce troisième disque de Diabologum semble en réalité constituer le trait d'union entre ces deux personnalités. On y retrouve les guitares saturées et les textes ancrés dans un quotidien étrange chers à Cloup mais aussi les paroles scandées et les musiques chargées qu'exploitera plus tard Michniak. #3 est un très grand album, le grand album de rock français qui aurait pu mettre tout le monde d'accord à une époque où l'on passait beaucoup de temps à se regarder en chien de faïence. Diabologum n'eut jamais la reconnaissance publique qu'il méritait. Le groupe aujourd'hui séparé, il reste aux fans fidèles, tenaces, ce disque magnifique. Ce n'est pas perdu pour tout le monde...



Discover Diabologum!

lundi 11 août 2008

Interview#2: Angil


Vous pensiez bien que je n'allais pas lâcher l'affaire si facilement. Je ne vous avais parlé que très brièvement de l'excellentissime Angil. Or, pour les chanceux inscrits sur sa Hiddenlist, il sort ces jours-ci Angil Was a Cat, nouveau projet né de sa rencontre avec le groupe King Kong Was a Cat. C'était l'occasion rêvée pour lui poser quelques questions et remettre sur pied mon petit lobby...

Solo Tape:
Ta musique donne l'impression d'être très réfléchie sans être trop cérébrale pour autant. Est-ce que la part de réflexion est importante quand tu composes ou y a-t-il de la place pour l'instinctif ?

Angil: La réflexion est le terreau, oui... La graine c'est une idée mélodique, ou la première phrase du texte. Une fois ces éléments concrets plantés, il se passe une période abstraite, ou je construis le reste du morceau en l'imaginant. Ensuite je soumets la jeune pousse aux Hiddentracks, qui terminent la composition...
Nous répétons un peu avant chaque concert, mais j'aime bien laisser passer du temps et des discussions entre deux sessions de travail : c'est aussi important que le jeu physique. L'instinct compte pendant le jeu mais seulement si l'imagination a bien fait son travail en amont...

Solo Tape: Depuis l'album "The John Venture" enregistré avec B R OA DWAY, il y a aussi maintenant un concept, une idée générale qui se dégage de tes albums a priori...

Angil: En fait j'ai toujours eu recours à la contrainte comme matière première : j'avais voulu enregistrer une démo par saison (je n'avais fait que l'été, d'ailleurs !) ; sur une autre je n'ai composé que des valses, etc. Même quand la restriction n'est pas respectée jusqu'au bout, je me fixe des limites pour l'inspiration, parce que c'est plus simple de se lancer quand on sait précisément de quoi on dispose. Beaucoup d'albums que j'aime ont une idée directrice forte : 41 de Swell, In a Silent Way de Miles Davis... Ce ne sont pas nécessairement des albums-concept, dont certains peuvent tomber dans une forme de théâtralité qui ne vieillit pas forcément bien, mais ce sont des disques avec une unité, un liant. Même une idée toute simple, quelques notes d'intention griffonnés sur une feuille peuvent suffire. A priori, la direction du prochain Angil devrait être une série de duos avec des voix féminines...

Solo Tape: Tu cites souvent Swell, Pavement ou Kim Deal en interview. Avec "Oulipo Saliva" ou tes autres projets parallèles, on a pourtant le sentiment qu'au fil du temps, tu t'éloignes de ces références pour te rapprocher du hip hop et du jazz.

Angil: Ce sont mes racines... Ce qui est marrant, c'est qu'au fil du temps je me rends compte que Swell, c'est du jazz (le jeu de Sean Kirpatrick, l'approche du son). Pavement, c'est du rap (les gimmicks vocaux de Malkmus). Et le génie de Kim Deal, c'est d'être à la fois les Beatles (pour l'écriture) et John Cage (pour l'amour du hasard). Ce qui rapproche beaucoup de choses parmi ce que j'aime, c'est le goût du danger et la déconstruction des codes pop.

Solo Tape:
Peux-tu nous dire quelques mots du fabuleux morceau "The Shame of Jazz to Cope" enregistré pour le projet Angil Was a Cat?

Angil: Merci ! J'ai écrit le texte selon le rythme du morceau de base de King Kong was a Cat. Ce qui s'imposait sur celui-ci, c'était le contretemps. La première phrase qui m'est venue est "White man was given around seven ultimata under oaths", à prononcer en monosyllabes (et en contretemps, donc). Une allusion aux péchés capitaux. Le reste du texte en a découlé logiquement : la culpabilité blanche, le manque de reconnaissance de certains jazzmen noirs de leur vivant. Et l'envie de 'name-dropper' dans un texte le vrai nom de Sun Ra, qui sonne vachement bien : Hermann Sonny Blount.

Solo Tape: Et cette contre pétrie en forme d'hommage pour Ornette Coleman! Tu dois avoir une solide connaissance de la langue anglaise pour arriver à faire une chose pareille!

Angil: C'est une réflexion quotidienne, la langue anglaise ! Je suis traducteur et j'enseigne la traductologie et la terminologie, alors je suis sans cesse dans un processus de recherche et de découvertes de ce genre... Je cours après les nouveaux mots, la précision de la prononciation... Quand je fais une trouvaille dans le genre de celle-ci, c'est bien sûr un petit plaisir, même si je sens que je n'en sais jamais assez.

Solo Tape: Tu enregistres en ce moment "Jerri" avec le groupe Deschannel. Dans "What Extra Mile?" (The John Venture), tu parles déjà de ce personnage.

Angil: Oui, le nom est une allusion à ce morceau (et ça peut évoquer Gus van Sant, ce qui ne gâche rien !). Jerri est une sorte de suite du John Venture, notamment dans les paroles, bien que le fait de trouver un nouveau nom nous ait 'émancipés', ait décomplexé le fait que nous soyons un groupe à part entière.
On est effectivement en plein enregistrement cette semaine, et nous sommes très enthousiastes. Il nous tarde déjà de jouer nos morceaux en concert...

Solo Tape: "Oulipo Saliva" devrait bientôt être distribué par Chemikal Underground (Arab Strap, Radar Bros, Mogwai, ...). Est-ce qu'on peut enfin s'attendre à te voir venir jouer en Belgique?

Angil: Oui ! Normalement, fin septembre... Je te tiendrai au courant, promis !

Pour terminer, une petite playlist qui regroupe quelques-unes de ses perles:



Discover Angil!

mercredi 6 août 2008

Ween - The Mollusk


Dans la famille des gars complètement tarés, je vous présente les frères Ween. Faux frères pour être exact puisque Gene et Dean Ween se nomment en réalité Aaron Freeman et Mickey Melchiondo. Je dis que ces types sont tarés parce que c'est exactement le sentiment que l'on ressent en écoutant leur musique. Grand bordel inspiré, parfois à la limite de l'audible voire du foutage de gueule en règle, Ween, en une quinzaine d'albums est passé par tous les états, toutes les périodes, tous les styles, toutes les drogues aussi peut-être. Bidouillant, chipotant, hurlant, chuchotant, accelérant ou ralentissant leur voix (comme sur l'immense "Ocean Man"), Freeman et Melchiondo n'oublient pas non plus d'introduire une bonne grosse dose d'humour bas de plafond ("I'm waving my dick in the wind"...). Sorti en 1997, "The Mollusk" n'est peut-être pas leur meilleur album (certains lui préféreront "Pure Guava", moins consensuel) mais il donne une bonne vision de leur talent. Extraits choisis, donc:



Discover Ween!



Discover Ween!

mercredi 30 juillet 2008

Interview#1: Chris Letcher


Je vous avais déjà dit beaucoup de bien de "Frieze", le dernier album de Chris Letcher, Sud-Africain exilé à Londres. Il revient avec "Harmonium", un EP qui annonce que l'aventure aura une suite et une belle. Il a eu la bonne idée et l'extrême amabilité de m'envoyer son dernier opus. J'en ai profité pour lui grapiller une petite interview, histoire d'en savoir un peu plus sur ce petit génie de la mélodie. Rien que pour vous, donc, quelques unes de ses réponses, traduites de manière douteuse par mes soins:

Solo Tape :
J’ai lu que tu avais sorti d’autres albums avant « Frieze ». Comment se fait-il qu’on ne les trouve nulle part ?

Chris Letcher :
Tous les albums sortis avant « Frieze » (deux avec un groupe appelé Urban Creep et deux comme membre du duo Van der Want/Letcher) ne sont disponibles qu’en Afrique du Sud, le pays dont je suis originaire. « Frieze » est mon premier album solo et le seul a avoir eu droit à une distribution internationale.

Solo Tape :
Mis à part un solide talent mélodique, tu travailles énormément les arrangements de tes chansons. L’album est très riche et très produit. C’est quelque chose qui frappe à l’écoute de tes disques.

Chris Letcher :
Je sais. Quand j’écoute certains morceaux avec juste une voix et une guitare ou un piano, je me dis : « Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir faire ça… ». Mais mes chansons se retrouvent toujours avec tout un tas de pistes, pas toujours faciles à mixer d’ailleurs. Je crois que c’est mon travail comme compositeur de musique de film qui fait ça ou alors c’est pour camoufler des chansons un peu trop faibles ! Qui sait ? Quoi qu’il en soit, l’influence des musiques de films sur « Frieze » est évidente notamment par le mélange de cordes, de percussions orchestrales et de sons de la rue ou de bouts de dialogues. Ça donne une ambiance cinématographique. J’ai une faiblesse pour le drame, je crois. Mon groupe serait sûrement d’accord avec ça…

Solo Tape :
Les influences de la musique sud-africaine sur ton travail sont très subtiles, pas forcément évidentes pour n’importe quel auditeur. On sent que cela fait partie intégrante de ta musique. On est pas du tout dans un travail de citations…

Chris Letcher :
Peut-être que je deviens nostalgique parce que je vis à Londres depuis trop longtemps. Sur le EP « Harmonium », les influences musicales que j’ai emmagasinées en grandissant en Afrique du Sud me sont revenues de façon spontanée et pas du tout intentionnelle. Sur ces chansons, et c’est de plus en plus le cas, elles s’intègrent plus profondément dans ma musique. Ce n’est pas juste une représentation de la musique africaine. Aujourd’hui, c’est devenu fondamental dans la composition de mes chansons. Tu peux l’entendre sur les rythmiques croisées des morceaux « Harmonium », « I Was Awake » ou « Parker ». Les bases rythmiques sont plus complexes que ce qu’on a l’habitude d’entendre dans la majorité des chansons pop.

Solo Tape :
Par rapport à cette nostalgie dont tu parles, est-ce que tu pourrais m’en dire plus sur les pochettes de tes disques?

Chris Letcher :
Les pochettes sont réalisées par une de mes amies, Tamsyn Adams. C’est vrai qu’elles sont très nostalgiques mais elles ont aussi un côté fun, je trouve. Tamsyn nous donne un look plutôt unique, différent de l’image austère que l’on peut parfois avoir de l’indie !

Solo Tape :
Un mot sur le titre de ton album « Frieze » ?

Chris Letcher :
C’est une référence aux sculptures de la Grèce antique qui ornaient le haut de leurs constructions. Selon moi, chaque chanson est comme l’une des petites frises - une scène gelée dans le temps – mais elles ne sont pas réelles, c’est une création, quand la vraie vie devient art. Je crois qu’un album représente un peu tout cela. C’est comme dans la chanson qui ouvre mon disque, « Deep Frieze », il y a quelques références à la mythologie grecque (Jason et les Argonautes, etc…). Ça fait très prétentieux de parler de ça ! On ne devrait pas dire ce genre de truc en public ! Finalement, c’est juste de la musique, vous l’aimez ou vous la détestez – idéalement, l’un ou l’autre…

(un immense merci à Chris pour sa disponibilité et pour sa gentillesse désarmante)



Discover Chris Letcher!

lundi 28 juillet 2008

Spoon


Spoon est un groupe rare. Sans faire de bruit, le très charismatique Britt Daniel et sa bande sortent, depuis dix ans déjà, des disques parfaits. Sans doute l'un des groupes les plus sous-estimés du moment, Spoon trace tranquillement sa route, livrant au passage des albums passionnants, riches et sincères. De l'indie à l'electro-pop, en passant par une Soul blanche très personnelle, voici cinq morceaux en écoute. De quoi balayer rapidement la discographie de Spoon:


Discover Spoon!

mercredi 16 juillet 2008

Programme/Encre

C'est en écoutant Le Morceau Caché, dans lequel on parlait de Arnaud Michniak (Diabologum, Programme), que m'est venue l'envie de vous parler de Encre. Découvert en 2001 grâce aux sempiternels Inrocks, Yann Tambour alias Encre est clairement un rejeton de Michniak, même si ce dernier est bien plus radical dans sa démarche. La musique de Encre est composée d'instruments très classique mais souvent hachée, sur des rythmes syncopés. Sans être aussi "expérimental" que Programme, Yann Tambour pose un flow à la fois chuchoté et rageur qui rappelle celui de Michniak. C'est particulièrement frappant lorsqu'on met face à face "Marbres" et "Mon Geste/Lundi" les deux morceaux en écoute ici.



Discover Encre!



Discover Programme!

lundi 14 juillet 2008

Playlist

Une nouvelle playlist pour tenir chaud durant cet été polaire.

Des trucs comme Micah P Hinson (qui sort un nouvel album, Oh Joie!), Get Well Soon, Labi Siffre, Suzanne Vega, Shearwater (dont il faudra qu'on cause à l'occasion), Fridge, le plus beau morceau de Kate Bush (sauf tout l'album The Dreaming), I Am Kloot, Otis Redding, Paul McCartney (très bon sur ce coup-là) et d'autres choses de la sorte.

En prime, une photo de Groucho qui n'a rien avoir avec tout cela.

dimanche 13 juillet 2008

Back to Beck


Sans savoir réellement pour quelles raisons, la sortie d'un nouvel album de Beck a cessé d'être un évènement à mes yeux depuis "Sea Change". Je pense que j'avais fini par ne plus éprouvé la moindre surprise en l'écoutant; cette surprise qui m'avait motivé à écouter jusqu'à la lie le bordélique "Odelay" ou le très mou mais très agréable "Mutations". Reste que ce n'est qu'avec une moitié (voire un quart) de curiosité que je me suis calé "Modern Guilt", la semaine passée. Doigts de pied en éventail sur un transat, j'attendais de voir ce que le génial Danger Mouse pouvait avoir insufflé au talent un peu fatigué de Beck. Ben pas grand chose, au final... Mais "Modern Guilt" a le mérite d'être un chouette disque, ce qui n'est déjà pas mal, en définitive. Il y a même quelques très bons moments comme par exemple avec Orphans, le morceau d'ouverture en "duo" avec Chan Marshall (plutôt choriste en fait) ou encore la chanson Modern Guilt à laquelle je trouve un air Vitalic. A vous de voir...



Discover Beck!



Discover Beck!

vendredi 20 juin 2008

Cultissime#1 : Mercury Rev-Deserter's Song


Parler d'un album culte, voire cultissime, ne peut finalement avoir que peu d'intérêt. Si ce n'est que ces albums, on a parfois tendance à les oublier dans le fin fond d'une discothèque et c'est toujours avec un petit frisson qu'on retombe dessus. "Deserter's Song" de Mercury Rev fait partie de ceux-là et à plus d'un titre.
D'abord pour cette pochette, joli clair-obscur un peu énigmatique, qui pose tout de suite l'ambiance. On voit bien qu'on est pas là pour rigoler des masses. On dirait un Nick Drake au bout du rouleau, c'est dire.
Ensuite, un chanteur, Jonathan Donahue, un peu controversé à l'époque puisqu'il prend plus ou moins la place du leader original, David Baker. La voix de Donahue, qui frôle parfois le mimétisme total avec celle de Daniel Johnston, est à la fois agaçante, géniale et un peu fausse. On ne sait pas toujours sur quel pied danser tant on a, sur certains morceaux, l'impression qu'il en fait des tonnes.
Enfin, la musique de Deserter's Song marche constamment sur la corde raide du kitsch le plus dégueulasse. Des violons, des trompettes, des saxophones, des flûtes, des scies, des pianos, des guitares etc... l'album est bourré d'instruments jusqu'à la gueule. Le studio d'enregistrement devait être encore plus encombré que pour les sessions de Neil Hannon... Sur presque chaque morceau, on frise l'overdose mais pourtant, par je ne sais quel miracle, tout tient toujours en place.
Last but not least, un morceau d'ouverture absolument sublime: "Holes" qui est à la fois LE morceau de l'album et l'album en lui-même. La grande classe...


A ECOUTER FORT!


Discover Mercury Rev!

mercredi 18 juin 2008

Flonflons

Ils sont nombreux les groupes qui, depuis peu, ont débarqué avec leur musique flonflon-foutraque. Personnellement, je dois avouer que cela a tendance à m'agacer sérieusement. Je n'ai rien contre l'accordéon et le tambourin, mais bon... Le groupe d'aujourd'hui, Bowerbirds fait sans aucun doute partie de cette famille. Un chant très proche de Zach Condon, des choeurs en veux-tu en voilà, un petit côté hippie/romantique: on se croirait dans un album de Beirut et Dieu sait que je ne porte pas Beirut dans mon coeur. Bien sûr, il y a des jolis morceaux et c'est bien là le problème. Condon, tout comme son "clone" Bowerbirds, au moment où vous vous apprêtez à leurs tourner définitivement le dos, peuvent vous foutre en l'air avec une chanson qui tue. Sans avoir le talent mélodique de Jonquil ou la classe naturelle de Grizzly Bear, ces gars-là sont capables de vous refourguer un album entier pour un morceau de trois minutes. Comme je sais que vous êtes des gens très occupés et que vous détestez perdre votre temps, voici largement de quoi poser dans les soirées branchées sans trop vous fatiguer.



vendredi 13 juin 2008

I Am Kloot

J'avais découvert I Am Kloot en 2001, au hasard d'une compilation des Inrocks. Il y avait ce titre, "Twist", qui me faisait furieusement penser aux Beatles dernière période. C'est aussi une époque pendant laquelle j'écoutais beaucoup l'album Ram de McCartney et il est possible qu'une sorte de soupe se soit faite alors dans mon cerveau. Bref, même si j'aimais beaucoup ce morceau, je n'avais pas ressenti le besoin d'aller voir plus loin. Impression qui se confirma lorsque sur un conseil, j'écoutai le deuxième album, éponyme. La musique de I Am Kloot ne me touchait définitivement pas, affaire classée. Il y a quelques semaines, toutefois, par l'intermédiaire de Last FM, un autre de mes amis, dont les goûts sont loin d'être douteux (Bien qu'il aime le dernier Radiohead...) me recommandait chaudement "Play Moolah Rouge", le dernier album des Mancuniens. Bien plus proche du Dylan électrique que des Beatles, ce disque m'a immédiatement séduit. Le chant de John Bramwell est tendu, toujours à la limite de la rupture voire du pathétique. Les guitares jouent fort et sont beaucoup plus présentes que dans mon souvenir. L'album n'est pas parfait mais je le trouve assez émouvant dans son ensemble. Un peu à l'image de "Chaperoned", sorte de slow improbable sur lequel Bramwell se casse la voix de manière très/trop démonstrative.

vendredi 6 juin 2008

Muppets

The Last Shadow Puppets, c'est un peu comme si vous mettiez tous les ingrédients de la totale branchitude dans un shaker, que vous mélangiez puis buviez une gorgée en sachant que ça ne peut que goûter la merde et Oh surprise! vous êtes forcés d'admettre que c'est plutôt pas dégueu. Composé d'Alex Turner (chanteur des Arctic Monkeys), Miles Kane (frontman des Rascals) et de Owen Pallett (Final Fantasy, Arcade Fire), ce super groupe façon Colette, en revendiquant des influences comme Ennio Morricone, Scott Walker ou Burt Bacharach, avait tout pour créer un solide buzz avant même la sortie de l'album. Autant dire que j'y suis aller à reculons. Et pourtant, The Age of Understatement, sans être indispensable, contient quelques jolies choses et tient même plutôt bien la barre sur la longueur. Le mariage entre les cordes-western de Pallett et les mélodies catchy de Turner fait souvent mouche. La voix du leader Monkeys, british à mort, est quant à elle plus caressante et sexy qu'à l'habitude. Pour preuve, en écoute, "Standing next to me", single très Smiths, et pratiquement imparable.

mardi 3 juin 2008

Proměna (povídka)

C'est le mini buzz de ces beaux jours: Gregor Samsa sort son nouvel album, "Rest". Tirant son nom du héros de La Métamorphose (pour les plus incultes d'entre vous... Dieu sait qu'ils sont nombreux hin hin hin), le groupe américain avait navigué jusqu'ici dans un post-rock plutôt classique sans être toutefois dénué d'une certaine classe. {55:12} paru en 2006 avait ce côté à la fois accidenté et feutré que l'on attend généralement de ce type d'album. Avec "Rest", Gregor Samsa pousse plus loin vers l'expérimentation et se rapproche gentiment de la musique contemporaine. Ce n'est pas du Pierre Henry ni du Fennesz mais on sent une envie chez ce groupe de sortir des poncifs du genre et j'aime ça.

vendredi 30 mai 2008

Hop!

Une playlist toute neuve pour commencer le moi de juin.

Au programme: Sonic Youth, Encre, Faust, Sebadoh, ISAN, BR OAD WAY , Boards of Canada, Harry Nilsson, Gastr De Sol, The Shins, Malcolm Middleton, Gregor Samsa etc...


Comme d'habitude, on va sur la droite et on clique sur "PLAY"!


Sous vos applaudissements...

dimanche 25 mai 2008

Kris Dane

Le voilà, il est là! Enfin, presque... Le nouveau Kris Dane est bientôt dans les bacs et c'est une excellente nouvelle. Second volet d'une trilogie, "Rise & Down of The Black Stallion" remplit toutes les promesses annoncées par son prédécesseur.
Entre le Tom Waits (deuxième période) et les meilleurs albums solo de Mark Lanegan, le nouvel album de Kris Dane & The Banned est plus âpre et plus énergique que "Songs of Crime & Passion" mais conserve toutes ses qualités d'écriture. Les voix, quant à elles, sont toujours extraordinaires. Pour vous le prouver, trois morceaux en écoute.
L'album est déjà disponible sur la plateforme de téléchargement légal Emusic.


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mardi 20 mai 2008

Sebastien Monnoye

Que les choses soient claires, Sebastien Monnoye est un ami. Cela ne m'empêche pas de lui trouver du talent mais au moins, c'est dit. Depuis quelques années, il crée, avec sa compagne Ingrid Simon, des performances video/danse contemporaine dont il compose toujours la musique. Il est également membre du collectif Elphémerrances dont j'aurai certainement l'occasion de vous reparlez. Quelque part entre Mùm, Isan et les premiers Brian Eno, sa musique me touche depuis longtemps et je suis heureux qu'il se soit enfin décidé à s'y atteler sérieusement. Il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion d'assister à l'une de ses bordéliques sessions d'enregistrement dans son appartement. Je suis reparti avec cette petite perle sous le bras. Je suis donc tout content de pouvoir vous en faire profiter.


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samedi 17 mai 2008

Fuck Buttons

Il existe des chansons d'une telle puissance pop, d'une telle évidence mélodique, qu'elles vous frappent de plein fouet et laissent KO le sourire aux lèvres. A l'inverse, certains morceaux refusent de vous donner la bectée et vous obligent à faire preuve de patience et d'obstination. Des artistes comme Fennesz, Jim O' Rourke ou Phil Elvrum demandent une écoute active et attentive si vous voulez entrevoir la beauté de leur travail. Le résultat n'en est que plus jouissif. Je les classe dans la catégorie: "Les morceaux qui se méritent". Sweet Love for Planet Earth de Fuck Buttons en fait partie.

samedi 10 mai 2008

See Lion Woman

Je voudrais juste vous signaler ce magnifique blog découvert il y a un mois. "The Lion" propose chaque jour une photographie et un morceau en téléchargement gratuit. L'idée étant bien sûr d'écouter la chanson en regardant la photo. C'est sobre, souvent très très beau et bien que je sois hyper jaloux du truc, je ne résiste pas à l'envie de vous le faire partager. L'adresse est dans ma liste de liens ou en cliquant tout simplement sur le titre de ce post.

mercredi 7 mai 2008

M.Ward

J'avais écouté Transistor Radio au moment de sa sortie sans être vraiment séduit. J'avais donc pris la décision de ranger M.Ward dans ma catégorie "je ne comprends pas ce qu'on lui trouve", catégorie dans laquelle on trouve également Sufjan Stevens, Andrew Bird ou CocoRosie... En lisant les notes de pochettes du dernier Bashung, je fus surpris d'y apercevoir son nom, crédité sur certaines parties de guitares. N'en déplaise aux anonymes, j'étais tellement sous le charme de Bleu Pétrole que j'ai décidé de lui donner une autre chance (je suis un type qui croit à la 2e chance, moi). De façon aléatoire, je suis tombé sur Transfiguration of Vincent, le troisième album studio de Matt Ward. Ecrit en hommage à Vincent O'Brien, ami proche de Ward, ce disque est tout simplement merveilleux. On a l'impression d'écouter le chef d'oeuvre d'un type, ce qu'il a fait et fera de mieux dans sa carrière. Magique, complètement hors du temps, Transfiguration pourrait tout autant prendre place aux côté d'Harvest que d'I'm Wide Awake, It's Morning (le seul et unique album réellement audible de Bright Eyes). Trois morceaux de l'album en écoute pour vous convaincre.
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mercredi 30 avril 2008

Dans le noir.

Je ne veux pas vous la jouer beauf en pinçant la corde romantico-mièvre-peine de coeur, mais vous admettrez que certains morceaux se prêtent particulièrement bien à une écoute dans le noir. Le noir complet. Pas la lumière tamisée, genre ambiance"Regardez-comme-je-suis-malheureux" ou "tu-as-bien-compris-où-je-veux-en-venir". Je parle de morceaux qui s'apprécient mieux dans le noir que dans n'importe quelle autre circonstance. Je ne peux pas l'expliquer mais ça me donne l'occasion de vous causer de l'émission radio Le Morceau Caché "menée de main de maître" (ha ha ha) par Mickaël Mottet et Flavien Girard ( tous deux membres de Angil & The Hiddentracks). Sur un ton du style "Si vous pensiez écouter de la bonne musique, on va vous prouver le contraire", ils nous parlent musique sur un thème choisi par leurs soins. C'est intelligent, drôle, radical et même parfois snob. Bref, tout ce que j'aime. Les émissions sont disponibles en podcast sur le site "Froggy's Delight" (en bas de la page en lien ici) et y sont ajoutées plus ou moins une fois par semaine.


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Changement de playlist

En attendant quelque chose de plus conséquent, je vous signale aimablement que j'ai modifié ma playlist Last Fm. Suffit de PLAY!

samedi 26 avril 2008

Siliguri rastaquouère, rasta!

J'ai entendu cette chanson pour la première fois il y a 3 ans. J'en suis immédiatement tombé amoureux pour tout un tas de bonnes et de mauvaises raisons. Depuis deux mois, elle est réapparue dans ma vie et m'obsède littéralement. J'ai beau l'écouter tous les jours, je continue à la trouver tendre, drôle et intelligente. Il paraîtrait que ce sont les ondes Alpha. Qui sait? En tout cas, il n'y a aucune raison pour que je ne vous en fasse pas profiter. A part ça, j'ai encore croisé monsieur Boogaerts vendredi soir et je ne l'ai toujours pas abordé. Pour lui dire quoi?

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vendredi 25 avril 2008

Une guerre de retard...

Je n'avais que 10 ans à la sortie de "Nevermind" mais je me souviens très bien de l'arrivée du phénomène de Nirvana sur la scène musicale. A l'époque, je n'écoutais pratiquement que les Beatles et quelques merdes inavouables. Cette musique, ce mouvement, le Grunge, ne m'intéressait pas. Je le trouvais trop bruyant. J'ai commencé à écouté de la musique plus ou moins sérieusement parce que je me suis mis à fouiller dans les disques de mon père et que certains me plaisaient vachement. Jusqu'à ce qu'un oncle un peu fêlé me donne un vinyl pirate des Sex Pistols. Je les trouvais vraiment nuls à chier mais je sentais toute la coolitude potentielle qu'il y avait à écouter ce type de musique quand on a 13 ans. Je me suis donc mis au punk pendant un moment, jusqu'à ce que mon père, un an plus tard, ne m'achète "Seventeen Seconds" des Cure. Le choc fut tel que j'ai bloqué sur ce groupe durant presque 4 ans. J'ai fait le tour des années 80, puis des années 70 pour enfin revenir à la musique qui m'était contemporaine. Je schématise. Ce n'était pas aussi simple mais ce qui est certains, c'est que je suis complètement passé à travers les années 90. Ce n'est que depuis quelques mois, un an peut-être, que je prends conscience de toutes les perles à côté desquelles je suis passé. Quand je regarde les dates de sorties des albums de Pavement, Swell, Built To Spill ou de Neutral Milk Hotel, j'ai envie de me donner des baffes. Ces disques étaient là, devant moi. Ces groupes passaient probablement dans des salles deux pas de chez moi et je ne les voyais même pas. Aujourd'hui, j'ai l'impression de devoir rattraper tout ce temps perdu et approchant la trentaine, je me rends compte que je dois vraiment avoir l'air d'un vieux con d'écouter sans arrêt de la musique d'il y a dix ans. Au cas où, comme moi, vous résumez les '90 à Pearl Jam et Ugly Kid Joe, quatre tueries en écoute:

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