Exlovers est un groupe anglais qui déroule tranquillement une pop à la Sarah Records, bien dans l'air du temps, parfaitement maîtrisée. C'est super efficace et je n'en demande pas plus pour l'instant parce que question classe internationale, j'ai dans l'autre oreille le dernier El Perro Del Mar (Love is not Pop) qui est une tuerie et dont il faudra que je vous cause.
En une poignée d'album, Bradford Cox est devenu, à mes yeux, l'une des personnalités musicales les plus passionnantes à suivre de ces dernières années. Monomaniaque du son, véritable éponge - en particulier de l'indie des '90- personnage tourmenté, Cox travaille ses albums (Deerhunter ou Atlas Sound) à la manière d'un Phil Elvrum, comme s'il bâtissait patiemment son œuvre pierre par pierre. Chaque disque contient sa vision du rock et sa touche de génie, le petit plus qui laisse entrevoir que Cox peut encore élever le niveau lors du prochain enregistrement et nous surprendre. Bradford Cox ne se fout pas de la gueule du monde et c'est pour ça que je l'aime.
Dead Man's Bones, groupe batard, entre Arcade Fire et The Microphones. Quelques fulgurances, dont ce morceau, avec un titre bien con comme j'aime. Attention, grosse addiction à la clé!
Tandis que Bon Iver se la joue I Muvrini vs Dead Can Dance, dans son nouveau groupe nommé Volcano Choir (sorte d'Enigma indie, genre...), que Pitchfork se tripote la bite en écoutant les chansons sans intérêt de Girls et que la révélation de cette fin d'année s'appelle Koudlam (On en reparlera mais on en parle déjà ici), moi j'écoute le Bay of Pigs de Destroyer. Morceau de bravoure, Bay of Pigs, c'est 13 minutes (oui oui) d'electro pop parfaite, sans une note de trop. Peut-être la chanson pop de l'année. Sans déconner.
PS: La pochette est splendide, ce qui ne gâche rien.
Carrément parti pour devenir un phénomène, ce blanc-bec de Mayer Hawthorne balance un album soul old school particulièrement bien sapé, et devient immédiatement l'équivalent masculin de Sharon Jones ou de Nicole Willis. Pas foufou d'originalité mais très classe!
En voilà une bonne surprise! En me promenant sur eMusic, je tombe par hasard sur Hometowns, le premier album des Canadiens de The Rural Alberta Advantage et c'est le coup de coeur immédiat. Sans avoir inventé la poudre, bourré de tics et lorgnant fortement du côté de Neutral Milk Hotel (sans la même dose de génie tout de même), Hometowns a tout de l'album friandise, que l'on consomme jusqu'à l'indigestion.
Tout le monde parle de Bibio, fils illégitime d'une véritable partouze (Sly Stone, Velvet Underground, Nick Drake, Jay Dee entre autres...). Et tout le monde a raison parce que son dernier album, "Ambivalence Avenue" est une vraie tuerie.
Un groupe espagnol qui m'emballe, c'est assez rare quand même. Découvert au hasard de blog, de lien en lien, Mus est un contre exemple parfait, en particulier leur album "El Naval". Dès la première écoute, la première minute, j'ai été séduit par leur musique douce, intelligente et émouvante. Il paraît qu'on les range dans la catégorie slowcore mais je rapproche plutôt leur petite musique de nuit de gens comme Shugo Tokumaro, certains morceaux d'Adem ou de Sylvain Chauveau.
J'aurais voulu avoir une petite longueur d'avance, cette fois, mais c'est trop tard: On parle déjà de The xx comme de l'un des phénomènes de l'année. A raison, selon moi, tant la surprise est belle et pleine de promesses. Alors que l'on pourrait facilement les ranger dans la mouvance d'un revival '80 plus ou moins respectable, il faut admettre, après quelques écoutes, qu'on a bien plus que ça à se mettre sous la dent. Même si certains morceaux évoquent aux nostalgiques des réminiscences du sacro-saint "Seventeen Seconds", des nappes sombres, des rythmes secs, des notes de guitares aériennes, j'ai très vite senti que je tenais un grand album, qui dépassait la hype, le mimétisme ou les influences mal digérées. XX (c'est le nom de l'album) me ravit à chaque écoute, même si les références que cela évoque en moi ne sont pas toujours de très bon goût. Aussi, je les garderai pour moi, histoire de ne pas vous gâcher le plaisir.
Aujourd'hui, juste deux videos formidables trouvées sur la toile. La première est une première version du fameux "A Forest" des Cure. Le titre n'est pas encore défini et les paroles ne sont pas celles du morceau final. Un document qui, en tant que vieux fan, m'émeut beaucoup. L'autre video est une sorte de conférence-concert, donné par Mc Cartney dans les studios d'Abbey Road à l'époque de la sortie du très bon "Chaos & Creation...". Macca parle des Beatles, des enregistrements de manière assez touchante. C'est une série de 7 épisodes, je vous mets juste le premier pour vous donner envie. Le tuyau vient d'ici pour ceux que ça intéresse.
Tant bien que mal, j'essaie de ne pas hurler avec les loups. Pas trop souvent, du moins. En ce qui concerne la révélation quasi unanime de l'an passé, j'ai nommé MGMT, j'ai immédiatement détesté leur côté facile et branchouille. Du vent, pensais-je, rien de plus, fier de mon avis tranché sur une musique qui ne passerait pas l'hiver. Tout allait bien, jusqu'à ce que j'écoute "Manners". Franchement, quelle différence y a-t-il entre Passion Pit et MGMT? Difficile à dire si ce n'est peut-être un côté bien moins branleur qui me les rend sympathiques...
J'ai toujours beaucoup aimé les Kings of Convenience (malgré leur ressemblance frappante avec Simon & Garfunkel, que je vomis). Mais plus le temps passe, plus il apparaît de plus en plus improbable de voir, dans un futur proche, Erlend Oye et Eirik Glambek Boe se remettre à bosser ensemble sur un album. Bien sûr, j'ai essayé de me consoler en suivant le projet solo de Erlend Oye mais même si ça paraissait à l'époque évident que c'est lui qui portait les chansons des Kings, je n'ai jamais réussi à être entièrement convaincu par les morceaux. Plus tard, je me suis sérieusement penché sur le très sautillant The Whitest Boy Alive (nom de groupe aussi stupide que faire se peut) sans toutefois y trouver ce qui me plaisait tant chez les Kings . Pourtant, il y a quelques jours, je suis retombé sur ce morceau, qui tourne en boucle depuis...
EDIT: Il semblerait, comme on me le signale aimablement dans les commentaires, que les Kings serait de retour dès le mois de septembre. J'ai encore perdu une occasion de me taire... Pour plus d'info, c'est ici
On pourrait faire comme ça une liste de ces groupes qui ont le chic pour ne pas mettre leur meilleure chanson sur leur meilleur album. Comme Pinback, par exemple, qui aurait mieux fait de placer Penelope - le rythme martelé avec cette basse qui tourne autour... J'ai beau l'écouter encore et encore, je ne m'en lasse jamais - sur le très beau "Summer in Abaddon" plutôt que sur l'insipide "Blue Screen Life". Vous en avez d'autres?
Ce petit blog existe pour faire partager la musique que j'aime. Si toutefois, les ayants-droits des morceaux en écoute ont l'impression que je transgresse la propritété intellectuelle, qu'ils le signalent et j'oterai immédiatement l'objet de la grogne. En vous remerciant.